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Mémoires bioculturelles à l'époque du néo-extractivisme : une étude écolinguistique dans la communauté Moxeño-Trinitaria de Santísima Trinidad, TIPNIS Bolivie.

Publié mardi 12 mai 2026 15h43
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La langue moxeño de Trinidad est en train d'oublier le nom de la forêt ; et la forêt, pendant ce temps, change aussi. Une route la traverse, la feuille de coca avance et le territoire de toujours devient un territoire disputé. Les grands-mères savent encore. Elles gardent dans leurs mains et dans leur mémoire la connaissance des plantes qui guérissent et des cycles qui ordonnent la vie. Il y a des langues qui nomment le monde pour l'habiter, le soigner, l'écouter. Et il y a des langues qui le nomment pour le mesurer, l'encercler et le vendre. Lorsqu'une langue biocentrique recule et qu'une langue capitaliste progresse, il s'agit d'un changement de cosmologie, pas seulement d'un échange de vocabulaire. Il s'agit d'une autre forme de conquête. Perdre une langue n'est pas comme perdre un objet que l'on peut chercher et retrouver. C'est plutôt la perte d'une façon de voir, de nommer, d'appartenir. Et lorsque cela se produit en même temps que le territoire est perdu, c'est le monde entier tel qu'une communauté le connaissait qui est perdu.

Et si la langue peut être un territoire de conquête, elle peut aussi être un territoire de résistance. Comprendre cela, c'est comprendre que la langue a une écologie, et que cette écologie est profondément politique.

Pour lire la thèse de Danissa Candelaria Álvarez Salazar dans son intégralité, vous pouvez entrer ici..
Cette recherche a été réalisée dans le cadre du travail de fin d'études du Master International en Écologie Politique et Alternatives au Développement de l'Universidad Andina Simón Bolívar, campus Équateur. Pour plus d'informations sur le master, veuillez consulter ici https://www.uasb.edu.ec/programa/ecologia-politica-y-alternativas-al-desarrollo/